Pêche en gravière : quelques conseils

La pêche en gravière est bien souvent une pratique particulière de part une topographie de fonds peu commune, une pression de pêche parfois soutenue ou au contraire inexistante et plus simplement la taille restreinte de ces pièces d’eau. Le plus souvent crées par la main de l’homme suite à l’extraction de substrat, leur forage engendra des variations très marquées compliquant beaucoup la pêche.

Les fonds y sont variés et irréguliers, leur approche demande un minimum de recherche et de précision. Je vais tenter de vous détailler la marche à suivre afin d’optimiser vos chances sur ces eaux riches en surprises…

Enquêter sur le biotope

Lorsque l’on s’intéresse à une gravière, il est conseillé de procéder en plusieurs étapes, ces étapes s’opèrent, pour ma part et tant que possible, plusieurs semaines voire mois avant l’action de pêche. Tout d’ abord il est primordial de recueillir un maximum de renseignements ; Auprès des pécheurs locaux en priorité et ce qu’ils pratiquent notre pêche ou même celle du carnassier. Ils possèdent très souvent des infos précieuses sur le cheptel, les fonds ou la présence éventuelle de nuisible par exemple. Ils peuvent vous permettre de faire un choix sur les pièces a priori les plus intéressantes et ainsi vous éviter de perdre votre temps sur un lieu pillé ou regorgeant de trop petits poissons empêchant certains sujets d’atteindre les tailles recherchée, car, inutile de se mentir, l’attrait pour les sablières ou autres gravières réside bel et bien dans la moyenne de poids, souvent hors norme.

Une solution complémentaire pour les marres les plus proches de chez vous est de se promener le plus souvent possible autour, a des heures différentes, notamment tôt le matin et tard le soir pour observer l activité ou repérer des éventuelles zones de tenue.

Une carte topographique détaillée

Lors de mes opérations d’observation je fais suivre une canne à sonder et profite d’être sur place pour ratisser minutieusement les zones présélectionnées. Le plus souvent j’utilise une canne à spoder équipée de tresse assez fine mais étant capable – si besoin est – de propulser l’ensemble plomb/marqueur à des distance raisonnables ! A propos du choix du dit marqueur, j’ai opté pour un produit de chez BigCarp (l’Ariane) qui, je trouve, fait très bien le travail. Concernant la couleur, je préfère le rouge à toute autre couleur de part sa visibilité à longue distance.

Toute les infos recueillies sont évidement précieusement notées en vue de la création d’une carte détaillé du lac (les différents substrats, les obstacles, les herbiers, les profondeurs…) Je ne néglige aucune information qui pourrai m’être utile pour la localisation des carpes sur le lac.

Selon la saison et les infos ainsi glanées et en m’appuyant sur mes croquis, je procède au choix des postes pour mes pêches à venir, une fois ces derniers choisis bien qu’il ne s’agisse d’une science exacte, j’adapte ma stratégie de pêche et d’amorçage selon la configuration de chaque poste. Par exemple, sur un haut fond ou des obstacles où les zones d’alimentation des poissons sont difficile à déceler je mettrais en place un amorçage de zone. Au contraire, si le poste m’a semblé permettre d intercepter des poissons a plusieurs endroits à la fois (cassure, tache d’herbier, muret, arbre, etc.…) je préfèrerais une classique pêche au spot. Dans le cas ou la gravière est de taille modeste je n’hésite pas à amorcer sa totalité dans le but de mettre en confiance les carpes face à mes appâts, je pêche ensuite au spot ou en « single hook » les spots les plus intéressantes.

Appâts

Au sujet des appâts rien n’est trop différent de la pratique sur d’autres eaux sinon peut être la cohérence…

J’utilise principalement des bouillettes, souvent couplées à du pellet. La facilité d’amorçage qu’offrent ces produits ainsi que leur complémentarité ne m’a jamais déçu et je trouve l’approche plus logique que l’adjonction de graines. Cependant il vous serait également possible d’utiliser des farines ou même, si vous avez la possibilité d’utiliser un bateau, des graines cuites… Pour ma part, je conçois moi-même mes bouillettes ce qui me permet de varier leur diamètre ou leur dureté en fonction des indésirables et des nuisibles. Nombreuses sont les vieilles gravières qui regorgent d’écrevisse ou encore de poisson chat !

Concernant les pellets, je les utilise surtout pour amorcer sur ou autour de mon montage dans le but d’avoir une attraction rapide. Je combine plusieurs tailles pour obtenir une attraction instantanée avec les petits diamètres et durable avec les gros.

Montages

Dans ces eaux souvent difficiles finesse et discrétion sont les maitres mots et peuvent réellement faire la différence. Je m’applique particulièrement à leur conception et ose parfois quelques assemblages complexes !

Mes montages de prédilection sont composés le plus souvent d’un lead-core d’environ un mètre afin de bien plaquer ma ligne sur le fond. Une tête d arrachée est souvent indispensable. Il s’agira d’une tresse d’environ trente cinq centièmes lors de pêches du bord et d’un nylon de cinquante centièmes voire plus si l utilisation du bateau est autorisée et des corps coupants présents. Si vous optez pour la tresse il est INDISPENSABLE d’utiliser un lead-core afin d’éviter de mutiler les nageoires des carpes lors du combat !!! Nos poissons favoris vivent relativement longtemps et se font prendre régulièrement, il serait désastreux que chaque prise leur affligent des blessures mais je fais confiance au bon sens de chacun, revenons à nos moutons…

Selon la nature du fond il est également utile de bien choisir son type de plombée parmi les deux principales. Par fonds mous la première solution consiste en une simple agrafe porte plomb qui aura pour effet de laisser s’enfoncer le plomb (trilobe ou missile par exemple) sans pour autant entrainer le bas de ligne !

Lorsque le substrat parait plus dur, un plomb in-line fait aussi bien sinon mieux l’affaire. Les deux choix sont donc possibles mais dans le cas de lancers depuis la berge ce dernier limitera grandement les emmêlages. C’est un point qui mérite réflexion !! Dans le cas d’une dépose en bateau, il est possible de rajouter, en plus d’un backlead a ficelle, une masselotte volante sur le corps de ligne ou encore une grosse olive et ce quel que soit le type de montage utilisé. Ce détail est important selon moi, surtout par grand vent où les vibrations des fils sur de si petites surfaces peuvent avoir des conséquences directes et fâcheuses sur nos résultats !!

Concernant les bas de ligne, je les choisis bien sur selon plusieurs critères…

Par fond mou j’opte plus naturellement pour une présentation équilibrée voire flottante, notamment si j’ai pu constater que des débris de végétaux couvraient le fond ! J’utilise donc le polyvalent « combi-link », les « blow-back » ou encore les plus poussés « sliding blow-back » afin d’obtenir de la souplesse et le mécanisme idéal afin de tromper les plus méfiantes de ces dames. Ce sont également les montages les plus adaptés pour ce type de présentation, leur efficacité n’est plus a prouver ! Cette approche pouvant paraitre vieillotte, j’essaye simplement de sortir des tailles et couleurs de bouillettes le plus couramment eschée afin de ne pas éveiller un surcroit de méfiance chez la carpe.

Pour les substrats durs j’utilise en priorité des bas de lignes en nylon ou en fluoro de type « D-rig » dont j’adapte le diamètre en fonction des obstacles présents afin avoir un maximum de discrétion et une présentation adapté au mieux aux appâts dense. Cependant, là aussi il est possible d’opter pour des « combi-link », toujours dans la même optique de discrétion et d’optimisation de l’action mécanique.

La taille des hameçons est adaptée en fonction des appâts et leur choix est question de logique, de confiance et surtout de convenance personnelle…

Pour conclure

Comme vous aurez pu le constater l’approche des gravières n’est pas réellement différente mais elle se doit d’être, plus qu’ailleurs, affinée et sans faille. Cette précision nécessaire à de bons résultats sur ces lacs nous permet d’évoluer plus rapidement sur des étangs, barrages ou rivières plus simples et la réussite n’en est que plus appréciée !

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